Woofing dans le nord de la Nouvelle-Zélande : à boire et à manger

Le woofing Késako ?

Il s’agit tout simplement de travailler bénévolement dans une exploitation agricole et biologique en échange du gîte et du couvert. Généralement le temps ouvré est entre 3 et 6 heures par jour. Pour trouver des offres en Nouvelle-Zélande, le plus simple est de passer par wwoof.nz qui recense des milliers d’annonces dans les deux îles. Attention l’inscription à cette plateforme coûte 40$, le prix de l’adhésion à l’association qui gère le site.

Pourquoi faire du woofing ?

Connaître des locaux que vous n’auriez pas eu l’occasion de rencontrer autrement, partager leur mode de vie, économiser les frais de logement et de nourriture (la Nouvelle-Zélande est une destination onéreuse), entraîner votre anglais et vous faire des contacts.

Dans notre situation le woofing est aussi l’occasion d’avoir du temps, un pied-à-terre couvert et des outils pour aménager notre nouvelle acquisition : Ginette, notre bébé-van-encore-non-aménagé.

Les travaux de Ginette avancent…
… doucement mais sûrement

La réalité

  • Peut mieux faire

Notre première expérience n’est pas dans une ferme mais plutôt chez l’habitant et son hectare de jardin. Le woofing est pour nos hôtes, Hélène et Marcus, l’occasion de se débarrasser de tâches ingrates et de passer des week-ends au calme en famille. Martin passe : deux jours à creuser des trous pour accueillir une dalle, deux autres jours à creuser dans le jardin pour créer une allée et 3 jours à décharger des déchets accumulés dans la jungle en bordure de la maison. Pour Laura : désherbage, peinture et gardiennage d’enfant (en même temps). Nous devons préciser que le fils de 4 ans Charlie est très particulier : il ne parle pas où hurle à la mort pour réclamer les « Paw patrol » son dessin-animé préféré. A la moindre frustration il nous récompense par des « Go away »… Pas hyper agréable. Nous avons l’impression d’être des elfes de maison pendant (heureusement) seulement 4 heures journalière et surtout nous n’apprenons strictement rien. Par contre nous disposons d’un joli petit cottage séparé de la maison et nous avons libre-accès au garage et au frigot. Les outils sont horribles, c’est le premier prix des magasins discount et nous pestons un paquet d’heures sur la visseuse qui ne vise pas et sur les tréteaux qui se replient tout seul. Cette expérience est loin d’être catastrophique mais elle est aussi loin de ce à quoi nous nous attendions. Nous pouvons cependant pratiquer notre anglais et tenter de déchiffrer l’accent kiwi que Marcus pratique à merveille.

Un carré de Jardin, notre oeuvre : la porte, l’allée et le trou en premier plan
  • Génial

Ces quelques jours passés chez Hélène et les garçons ne nous donnent pas envie de prolonger le séjour et nous rejoignons rapidement notre second plan : un woofing au nord bien plus au nord.

Sur la route nous croisons de superbes paysages

Des oranges, des volailles, des chiens et pousse-pousse le chat : bienvenue chez Tony et Diane ! Ce couple de presque-retraités coule des jours heureux au milieu de leur orangeraie. Tous les soirs nous partageons leur repas et la cuisine délicieuse de Diane. Ils n’achètent quasiment rien au supermarché et font du troc avec leurs voisins et amis fermiers (un demi-cochon contre une demi-vache qui grandit chez un pote qui lui-même a pleinement accès aux fruits etc etc). Le potager est fleurissant et les poulets gambadent joyeusement. Le travail est honnête, s’il est difficile Tony vient nous chercher à 11h pour nous dire d’arrêter. S’il est plus facile cela n’excède jamais midi. Nous sommes heureux d’apprendre à nous occuper des arbres et Tony nous donne de nombreux conseils pour aménager Ginette. Les outils sont professionnels et débordent du garage. A nouveau nous profitons d’une petite maison à nous au fond du jardin. C’est encore mieux cette fois car nous avons cuisine machine à laver et salle de bain privée. Qu’elle n’est pas notre surprise lorsque le troisième jour Tony vient nous chercher à 8h pour nous dire « aujourd’hui on ne travaille pas on va pêcher ! ». Nous parcourons les 15 km qui nous séparent de la plage cachés dans le bateau. C’est impressionnant avec quelle rapidité celui-ci est mis à l’eau. Nous sentons les années d’expérience. D’ailleurs Tony ne réfléchit pas 1000 ans, il a déjà ses deux coins (et oui c’est comme aux champignons). Ici, on pêche le Snapper, le King fish et autres espèces que nous n’avons pas en France (enfin à notre très maigre connaissance). Les plus petits font 25 cm et nous remontons 7 mastodontes d’au moins 40 cm. Diane nous attend tout sourire à la maison pour les fumer et préparer le fameux fish n’chips (à prononcer « fush’n chups » ).

Gros snappers

Inutile de vous dire que nous adorons notre passage chez Diane et Tony. Au point d’y rester 3 bonnes semaines : nous avons gardé leurs propriétés pendant leurs 10 jours de vacances et par la suite ils nous ont embauchés 5 jours pour couper quelques branches à leurs (7500) arbres et nous ont trouvé un autre emploi dans les avocats. Nos premiers amis en Nouvelle-Zélande sont des sexagénaires qui ont le cœur sur la main et qui savent se contenter des choses simples de la vie « it’s real life » comme dirait Tony.

Laisser un commentaire