JAVA / Volcans, désert de sable, le paysage spectaculaire du Bromo

Probolinggo

Si vous avez suivi nos péripéties, nous sommes dans le train avec 4h de sommeil et 2000m de dénivelé au compteur. Nous nous dirigeons vers Probolinggo la ville la plus proche du très réputé parc national du Bromo. La fatigue rend l’apparition des hôtesses de train encore plus surréaliste. A Java, les trains sont à l’heure, ils sont confortables, climatisés, équipés systématiquement de prises. En classe business, on vous propose des coussins pour passer un voyage confortable. Nous sommes émerveillés. Laura s’endort comme à son habitude.

Sur le quai, nous trouvons un guichet aux allures officielles qui propose des tours organisés pour le Bromo : le volcan que nous projetons de voir le soir même. Nous prenons note des tarifs pour nous faire un premier ordre d’idée et demandons le chemin vers des guest houses bon marché. Le responsable « Gus » nous rassure « so many hotels good prices to the left ». Génial on se met en route avec nos montagnes à nous sur les épaules. Après une errance et quelques portes fermées nous découvrons qu’en fait il n’y a que 10 hôtels dans cette ville et qu’ils sont tous pleins. Tous, sauf le Park hôtel proche de la gare (ironie du sort nous en sommes loin maintenant). Nous faisons une exception côté tarif et nous prenons une chambre là-bas. C’est l’euphorie, la douche est chaude, nous avons une chasse d’eau, un balcon au 6ème étage et même notre propre bouilloire. Nous passons la journée à profiter de notre chambre bien trop belle et à réclamer tout un tas de truc à l’accueil parce qu’on a le droit et parce que rappelons-le les français sont les pires.

Laura qui se croit dans une série tv

Vers 19h, nous décidons de sortir un nez dehors (quand même, il faut se nourrir et organiser notre ascension). 4 têtes blondes avec des sacs Quechuas attirent notre attention dans le hall de l’hôtel. Laura les alpague pour savoir si elles projettent aussi d’aller au volcan. Parce que plus on est de fou plus on rit et moins c’est cher. Sauf qu’elles veulent le faire cette nuit. Nous sommes encore épuisés du Kawah Ijen mais l’opportunité est trop belle. Deal ! Nous retournons donc à la gare pour demander à Gus qu’elle est son offre pour 6 personnes. C’est trois fois moins cher que le tarif de l’hôtel (3 millions 1 versus 900k). Nous nous assurons auprès de lui que tout est compris dans son prix car nous avons lu sur internet que de nombreuses arnaques existent sur place et nous ne voulons pas nous faire avoir. Il nous confirme que c’est « all include » sauf un petit péage de 10 000 roupies par personne. Re-deal !

2h : nous sommes devant l’hôtel avec les belges et personne. 2h30 toujours personne. Nous appelons le chauffeur qui répond la voix encore toute endormie qu’il nous attend à la gare (ouai ouai…). Il arrive enfin à 2h40. C’est juste car il faut 1h pour atteindre Cemoro Lawang, le point d’accès le plus proche du parc volcanique. Arrivés sur place le chauffeur nous dépose et nous annonce qu’il reste 20km à pied en plein désert avant d’atteindre le volcan. Il faut prendre une jeep qui coûte 500k puis payer l’entrée du parc national soit 320k par personne. C’est la panique à bord.  Nous n’avons pas pris assez d’argent puisque normalement tout était inclus. L’heure tourne et nous avons peur de manquer le lever de soleil. A force de rabâcher que nous sommes pauvres, on nous dit qu’il existe un point de vue gratuit, le n°2 (tiens donc).

La lune est encore là

Nous marchons ou plutôt courrons pour atteindre le-dit spot. Le charme n’est pas tellement au rendez-vous, des tonnes de touristes jouent des coudes pour avoir la meilleure place. Sur le côté nous trouvons un petit sentier et nous décidons de tenter notre chance par-là. La montée est abrupte mais 30 minutes après, magie… Nous sommes au sommet juste à temps pour les premières couleurs du jour et la vue est digne d’une carte postale.

Le jour se lève
Un paysage couvert d’ocre
Pas de panique, c’est un nuage

Sous nos pieds, le Bromo n’est pas le plus gros volcan avec ses 2 329 mètres d’altitude mais son cratère est impressionnant. Il fait 800 mètres de diamètre, 200 mètres de profondeur et il fume ! La bête est juste endormie. A ses côtés, un autre volcan, le Semeru culmine à 3676 mètres. Nous pouvons aussi voir le Batok. Tous ces volcans dominent fiers et nobles la plus grande mer de sable de Java : Tengger Caldera, 10 km de désert sans vie. Au sud du parc, notre regard porte jusqu’au plateau découpé par des vallées et parsemé de plusieurs petits lacs. Tout à coup nous comprenons pourquoi le Bromo est considéré comme le plus beau volcan de l’Indonésie et même parfois comme le plus beau volcan du monde tout court !

Il fume celui-ci

C’est sans aucun doute le paysage le plus majestueux que nous ayons eu l’occasion de contempler. Plus le soleil se lève et plus les reliefs prennent forme. Nous restons bouche-bée devant ces vielles silhouettes et leurs croûtes lacérées où la lumière vient se réfugier.

Notre point de vue est parfait

Notre taxi nous attend et nous avons bien de la peine à quitter notre perchoir. Une des tignasses blonde est bien décidée à renégocier le prix de notre escapade car le « all include » de départ incluait finalement juste le taxi. S’en suit une conversation enflammée au téléphone avec Gus. Nous sommes tous d’accord, il n’aura que 600k ce qui est déjà un très bon prix pour ces 2h de taxi. Le boss n’est pas de cet avis, il nous retrouve sur la route et prend la place de notre chauffeur. Sans un mot il finit le trajet à toute allure et laisse dans son sillage des vélos et des scooters outrés par sa conduite. La tension est à son comble. Nous nous demandons comment va finir toute cette histoire. Ce n’est pas à notre hôtel qu’il nous dépose mais à son office, au centre de la gare et de l’attention donc. La situation est cocasse : il fait face à 5 filles en furies et Martin au milieu révolté également. Finalement nous avons gain de cause. Il s’excuse et nous pose littéralement devant la porte de notre hôtel en multipliant les courbettes.

Nous fonçons au petit déjeuner avant qu’il ne soit trop tard et nous remémorons cette nouvelle longue nuit et sa pagaille d’émotions.

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