Travailler en Nouvelle-Zélande dans le cadre d’un Working Holiday Visa

La Nouvelle-Zélande est une destination magnifique  » pays de contraste vert et bleu, rythmé par le mouvement des flots. Toujours sauvage, rarement en colère, un pays qui ressemble à tout et à rien, la Bretagne jetée dans le pacifique sud, le Québec aux marquises, les Alpes au pied des baleines ». Le charme de la Nouvelle-Zélande est à l’image de ses habitants : généreux, accueillants, avec le charisme Maori et l’excentrisme à fleur british.

Ce qu’omet l’auteur Caryl Férey dans sa description, c’est que cette beauté coûte cher. Comme souvent dans les îles, l’importation fait flamber les prix. Dans un supermarché de l’île du Sud, un avocat chiffre facilement 5$, une chambre bon marché en colocation 150$ la semaine, l’essence 2$ le litre etc. Pour visiter la Nouvelle-Zélande lorsqu’on est jeune avec des économies modestes, la meilleure option reste donc le « permis vacances travail ». C’est ce que nous avons fait pendant 7 mois et globalement, pour 3 mois de job, nous avons pu voyager 4 mois. Comme beaucoup de pvtistes nous vivions dans un van aménagé ce qui nous a permis de passer au travers des frais de logement, d’eau et d’électricité. Voir ici comment aménager son véhicule.

Team maïs

Le fait de travailler à l’autre bout du monde avec un niveau d’anglais plus ou moins splendide peut filer des cauchemards (et c’est normal). Que celui qui est parti s’installer à l’étranger sans flipper un ptit peu nous dise son secret. Avoir peur c’est humain, mais la bonne nouvelle, c’est que ce sentiment se dissipe ! Alors dès que vous serez prêt (où que vous n’aurez plus une tune) partez toquer aux portes. Le chômage est très bas en Nouvelle-Zélande et les kiwis sont des personnes particulièrement patientes qui n’hésitent pas à donner la première chance.

Un de nos patrons nous a tellement appréciés qu’il nous a offert ces superbes chandails 😂

Vous serez donc dans de bonnes conditions pour trouver du job. Faute d’équivalence de diplômes où d’accent calamiteux, pourquoi ne pas profiter de ce PVT pour tenter quelque chose que vous ne faisiez pas auparavant ?

Nous concernant voici nos diverses expériences/expérimentations toutes ne sont pas recommandables, mais toutes nous ont fait grandir :

  • Élagage des orangers : nous avons appris qu’elles étaient les bonnes branches des mauvaises et quelle coupe printanière permettrait à l’arbre de se déployer confortablement.
On en trouve des surprises dans les orangers
  • Entretien des avocatiers : nos tâches étaient assez variées. Nous devions creuser des trous pour planter les jeunes arbres, désherber, diffuser le fertilisant. Nous avons découvert les dessous chimiques de l’agriculture et dans cette propriété, un total je-m’en-foutisme écologique.
  • Ramassage et empaquetage de sweet corn. Voilà un job que nous déconseillons : répétitif, long et qui abîme le dos. Nous avons fait cela 4 jours et c’était bien suffisant. Pourtant nombreux étaient les locaux qui travaillaient ici chaque année pendant la saison.
  • Fabrication d’un fumoir à poisson : une semaine de bricolage pour mettre sur pied une cabane en bois de 2 mètres 40 de haut sur 1m20 de côtés avec un kiwi paranoïaque qui voulait que le fumoir lui survive. Une belle expérience qui forge la patience et procure pas mal de vocabulaire technique.
Work in progress
  • Gardiennage de ferme et gestion de l’irrigation des arbres fruitiers : profiter des commodités d’une maison tout en gagnant sa croûte c’est possible ! Nous devions nourrir le chien et surveiller le bon fonctionnement de l’irrigation ( à savoir déboucher les gouttes-à-gouttes défectueux ou les remplacer au besoin).
  • Construction de la cuisine d’une hippie dans son van aménagé. Nous avons beaucoup bossé nos compétences manuelles en Nouvelle-Zélande, la visseuse, et le marteau sont devenus de fidèles compagnons.
Un bout de cuisine de van
  • Pizzayolo : Martin faisait des pizzas dans un pub « c’était bien on pouvait boire à l’oeil ». Il demeure choqué de la base tomate sur la pizza au saumon mais garde un bon souvenir de ce boulot.
  • Barman/serveuse : Laura apportait les pizzas de Martin aux clients et servait les clients au bar. Un boulot fatigant qui pouvait finir à 2/3h du matin mais hyper enrichissant et un moyen très efficace de progresser en anglais. « Dans un rush j’ai quand même mis du jus de tomate dans une vodka cramberry ».
  • Dressage des assiettes en cuisine : aide aux préparations pendant les temps creux et dressage des assiettes pendant les services. Cela nous a permis de réaliser qu’en cuisine tout est une affaire de timing et d’organisation. Servir un plat c’est très facile, mais servir toute une table en même temps, ça c’est chaud !

Globalement nous n’avons jamais mis plus de 2h à trouver du travail avec, à la clef des salaires de 17$ de l’heure en moyenne.
Dans les champs la plupart des backpackers sont français ou allemands, ce n’est donc pas l’endroit le plus propice pour progresser en langue. Ce sont des tâches harassantes mais qui ont l’avantage d’être très faciles d’accès ! Nous avons mis un peu de temps à oser pousser la porte de la restauration et c’est pourtant cela que nous avons préféré. En travaillant un mois et demi en cuisine, nous avons mis de côté 7000$. Autant dire que cela ne prend pas bien long à voir ses petites économies décoller…

Kaikoura, ya pire pour bosser

Certaines régions en Nouvelle-Zélande comme Christchurch, où Kaikoura ont été frappées par les tremblements de terre, ces villes ont donc particulièrement besoin de main d’oeuvre pour relancer l’économie et redresser ce qui a été abîmé. Si vous voulez tenter des boulots nouveaux et vous challenger un peu, ces lieux sont sans doutes plus faciles pour se lancer. En tout cas et nous finirons là-dessus, faites vous confiance, osez et n’oubliez pas que vous êtes là aussi pour voyager !