Séville en janvier, douceur de vivre et démesure

Nous avons visité Séville en janvier et c’est un voyage qui nous laisse un souvenir très doux, entremêlé d’Afrique & d’Espagne. Séville a tout pour plaire : monuments démesurés et chargés d’histoires, façades colorées, patios et jardins comme autant d’invitations à la flânerie.

La place d’Espagne

Le fleuve Guadalquivir repère à pêcheurs, joggeurs et apéros romantiques, délimite ce qui était auparavant la ville, royale, et le quartier des gitans. De l’autre côté des fortifications, les familles désargentées pouvaient trouver un logement, indécent mais abordable. Aujourd’hui le quartier Triana est une zone prisée, ou les prix des habitations dépassent même parfois ceux de l’hypercentre. Si vous allez à Séville nous ne pouvons que vous conseiller de vous balader d’un côté et de l’autre du fleuve.

De toute manière, vous ne résisterez pas longtemps aux mille ruelles garnies de palmiers, de mosaïques et d’orangers. Nous concernant, entre 2 bars à tapas, nous avons marché en moyenne 13km par jour, voici quelques unes de nos balades digestives (toutes sont gratuites, yaay).

 

Cathédrale Notre-Dame du Siège de Séville
Real Alcázar de Sevilla

Le centre andalou des arts contemporains

Une exposition engagée sur la « crise des migrants » dans une chapelle traditionnelle, un jardin somptueux ou poussent des sculptures. Si vous aimez les espaces insolites et décalés, ce lieu mérite absolument une place dans votre voyage. L’exploration à faire dans l’ordre comme dans le désordre se déroule dans un calme religieux, on ressort de là sonné comme après un bon film.

Setas de Sevilla

A Séville, 6 drôles de champignons couvrent les 11000m2 de la place de la Encarnación. Imaginée par l’architecte berlinois Jürgen Mayer, cette structure en bois (la plus grande au monde), permet d’avoir une superbe vue panoramique perché à une trentaine de mètres de haut. En effet, au dernier des 5 niveaux se trouve une promenade publique de 250 mètres qui donne l’impression de déambuler sur les toits de la ville.

Los Reyes Magos

Séville comme de nombreuses villes en Espagne affiche clairement son catholicisme. Cette dévotion se lit jusqu’au fenêtres des appartements où la naissance du petit Jésus est fièrement colportée. Dans notre Airbnb les murs étaient épinglés de saints larmoyants.

Lors de l’Épiphanie, nous avons découvert une autre de ces démonstrations ferventes : la célébration des rois mages. Toute la soirée du 5 janvier, un cortège de chars déambule suivi par, approximativement, tous les habitants de la ville. Sur ces drôles de véhicules somptueusement décorés qui brillent dans la nuit, enfants et parents arrosent le public de milliers de bonbons. Certains habitués viennent armés d’un parapluie car il n’est pas rare de se prendre une sucette dans l’œil. Pour les enfants, et à vrai dire, pour tout le monde, l’événement est surexcitant. Il s’agit d’attraper au vol les confiseries ou de se précipiter par terre pour les ramasser le premier, en faisant attention de ne pas écraser les minuscules mains des petits qui se faufilent partout pour remplir des sacs de réserve, énormes ! Tout y passe, les poches débordent même les poussettes finissent par servir de réceptacle à la récolte de la foule stimulée par les hurlements des « aquiiiii carameloooooos ». Ce sont de vrais hurlements d’enfants qui montent haut dans les aiguës. Sur les chars certains prennent un plaisir à peine dissimulé à narguer leurs camarades en couches avec des poignées de bonbons qu’ils ne jettent pas tout de suite (les petits monstres) ou bien ils leur envoient à pleine puissance dans la tête (jajaja).

Parc de María Luisa

Le parc de María Luisa est le plus grand parc de Séville. idéalement situé à côté de la Plaza de España, il fut offert à la ville en 1893 par l’infante María Luisa, duchesse de Montpensier, et faisait à l’époque partie des jardins du Palais de San Telmo. Ce parc est un havre de paix absolument magnifique où vous pourrez reposer vos pieds fourbus à l’ombre d’un palmier. Nous avons retrouvé dans ce parc le calme des patios du Maghreb, composés de petites fontaines clapotantes, loin de l’agitation du centre et de ses points névralgiques.

Alors Séville vous tente ?