JAVA / Nouvel an Musulman à Bandung

Nous avons décidé un peu au dernier moment de passer par la ville de Bandung, un stop assez peu conseillé sur les guides et pourtant ! Bandung fût une bien belle surprise. Nous avons été charmés par l’ambiance indescriptible qui se dégage de cette grosse ville et par la gentillesse de ses habitants.

Nous arrivons à la gare à 23h40. Il faut avouer que notre trajet jusqu’à l’hôtel est un peu inquiétant. Comme souvent dans les zones urbaines à Java, des effluves nauséabonds viennent chatouiller nos narines et les regards interrogateurs qui se posent sur nous ne nous rassurent pas tellement. C’est donc au pas de course que nous parcourons les 2km qui nous séparent de notre hôtel : le Bantal Guling Trans. Nous arrivons dans une chambre borgne qui sent fort le désinfectant. Après plusieurs heures dans le train et notre footing nocturne de toute façon, tout nous va. A 6h c’est au son d’une conversation endiablée en indonésien que nous ouvrons un œil mécontent et encore englué. 5 ou 6 personnes bavassent sans gêne à 5cm de notre porte (et à peu de chose près 5cm de notre lit). Soit, nous voilà donc partit pour le petit déjeuner ! A peine avons-nous passé le pallier qu’un des clients d’environ notre âge nous saute dessus pour un selfie. Nous sommes encore tout ensommeillés et en pyjama. Ce jeune homme a sans doute en sa possession un des plus beaux selfies des 100 000 que nous avons fait sur Java. Nous engageons la conversation avec lui et partons prendre notre petit déjeuner ensemble, du riz, encore mais aussi du pain de mie et du café. Nous découvrons que notre nouvel ami est un apprenti procureur de la république qui combat le crime et la corruption dans une ville proche de Yogyakarta. Il nous promet à maintes reprises de prier pour que nous ayons un bébé… (Pas trop vite garçon). Et nous donne son contact avec son numéro juste au cas où, s’il nous arrivait un pépin.

Fini de bavasser, nous voilà dehors. Nous comprenons 400m plus loin pourquoi notre hôtel se nomme « trans ». Il s’agit de l’appellation d’un grand parc d’attraction et d’un centre commercial. Nous entrons par curiosité dans le complexe et redécouvrons des enseignes familières : Yves Rocher, Ralph Lauren etc. Tout sent le beau le chic. Nous ne sommes plus habitués à autant de modernité et restons bloqués 10 minutes devant un salon de coiffure pour enfants avec dessins-animés et sièges/manèges.

Salon de coiffure pour enfants

Le dernier étage est consacré aux start-ups locales et de nombreux petits stands éphémères jonchent le sol avant de peut-être un jour rejoindre les grands noms du bâtiment.

Nous continuons notre route pour chercher les deux monuments que nous avons repéré sur internet : une Cathédrale et une Grande Mosquée. Côté religion catholique, nous trouvons le monument plutôt banal pour être francs, loin du sacré cœur et de Notre dame que nous avons quittés il y a maintenant deux semaines.

La grande mosquée

Par contre, la Grande mosquée est impressionnante. Nous nous sentons tout petits sous ses deux grandes tours. Il se trouve que nous somme le jour du nouvel an musulman, l’agitation et la joie envahissent l’espace de la grande esplanade qui se trouve devant le lieu de culte. Les enfants courent dans tous les sens après leurs balles, leurs bulles de savon et leurs avions. Les parents papotent, surveillent du coin de l’œil leurs petits et profitent de ce jour férié.

Après une hésitation, nous nous décidons à entrer dans la mosquée. C’est la première fois que nous osons enlever nos chaussures pour pénétrer un lieu de culte musulman, surement à tort. Nous observons comment les fidèles procèdent et découvrons que les femmes et les hommes sont séparés. Les femmes occupent dans la première salle, où Laura restera, tandis que les hommes sont sous le « dôme » central. C’est impressionnant de les voir prier en ligne comme une seule et même personne. Nous sommes loin de la rigueur que peuvent imposer les églises catholiques. Ici les enfants jouent, prennent leurs goûters sur les tapis de prières, certaines personnes sont dans un coin à regarder leurs téléphones, pendant que d’autres font une petite sieste. Comme à Pura Tirta Empul nous pouvons ressentir la puissance et les bonnes ondes du lieu, bien que complètement différentes. Chacun de notre côté du bâtiment, nous sommes invités par des locaux à nous asseoir sur les tapis, manger des gâteaux et discuter.

Le parc face à la grande mosquée
Martin et sa gang

En ressortant nous retrouvons l’agitation joyeuse de la fête et c’est un peu étrange comme changement de tableau. Nous continuons notre déambulation, interrompue souvent par quelques séances photos, jusqu’à nous retrouver dans une petite ruelle sombre lieu de prédilection des étudiants pour chiner des fringues et des chaussures bon marché. En effet, des dizaines de petites étales sont cachées ici dans la pénombre des immeubles qui longent les grands boulevards. Plus loin nous nous trouvons face à un petit restaurant intitulé « The best chicken wings in town ». Il est 5h mais l’idée de manger plus occidental (moins de riz) nous séduit. Ici, que des jeunes. C’est drôle d’observer les ados se draguer. Nous avons beau être d’une culture et d’une langue différente, nous avons l’impression de comprendre tout ce qui se trame sur les tables voisines.

Sur le chemin du retour, nous observons avec envie le toit de l’hôtel de luxe « The Trans Luxury Hotel ». Qu’elle vue imprenable de la ville cela doit être là-haut ! Mais nous n’avons absolument pas les moyens d’y loger. D’un commun accord nous décidons de tenter de notre chance. Au culot, nous rentrons et demandons à la première personne venue l’autorisation de monter. Il se trouve qu’en face de nous, nous avons Mr. Dermot Birchall, le manager. Il nous donne son bénédicité et nous indique que si le personnel de l’hôtel tente de nous barrer la route, il nous suffira de montrer sa carte de visite. Merci ! Les habitants de Bandung sont décidément les meilleurs (comme les chinois). Le balcon donne des frissons. Son sol à plusieurs centaines de mètres est vitré. En plus de voir, la mosquée, les lumières des lampadaires à des kilomètres, nous avons la ville à nos pieds.

Depuis la terrasse de l’hôtel

Cette étape improvisé fut un régal pour les yeux, le cœur et les papilles. Nous ne pouvons que vous conseiller de choisir cette ville si vous voyagez à Java. En tout cas, Bandung nous a touché.

Laisser un commentaire