JAVA / Le Kraton, point névralgique de Yogyakarta

Nous sommes arrivés à Yogyakarta hier, un territoire bien spécifique de Java. C’est le berceau des universités Javanaises et un lieu où 4 religions (catholique, musulmane, indou et bouddhiste) ont grandi ensemble. Nous avons trouvé un joli airbnb qui sent la maison, un fast food de rue avec un patron phénoménal qui rigole tout le temps et un scooter qui dépote. Mais passons les détails pour vous présenter notre journée d’aujourd’hui que nous pourrions intituler « la journée vielle pierre ». Au programme, le Kraton, palais des sultans puis dans l’article suivant le Borobudur, temple Bouddhiste du 8eme siècle.

Belle rencontre et bonne omelette au coin d’une rue !

Le Kraton

C’est là qu’habite le sultan de Yogyakarta. Il est possible de visiter une partie du palais pour 12500 roupies par personnes soit moins d’un euro. Nous ne nous sommes pas posé la question deux fois. En avant ! Avec un peu de chance nous pourrons devenir sultan… (Kalif à la place du kalif).

Le palais du Sultan – Kraton

A l’entrée un guide nous propose ses services que nous acceptons de bon cœur afin de ne pas passer à côté du lieu. En effet, ses explications sont très intéressantes malgré son accent du crû bien prononcé. Le palais fait 1 km de long mais il n’est possible de visiter que la première partie car le sultan vit sur place : dans ses quartiers protégés pas plusieurs sasses fermés au public. Lors de notre visite, nous apprenons que les sultans ont plusieurs femmes, mais que seule les fils de la première peuvent devenir sultan, dans le cas où cette dernière n’a pas de progéniture masculine, c’est le cadet du sultan qui prend la succession puis ses fils après lui. Le sultan actuel : Hamengkubuwono X possède 5 filles de sa première épouse ce sera donc son frère qui suivra sur le trône. Nous visitons le pavillon où se déroule la passation de pouvoir lors de la mort du Sultan.

Plafond royal

Notre guide nous explique également les tenus traditionnelles et leurs significations. Nous comprenons par exemple pourquoi ici à Yogyakarta les jeunes femmes ne sont pas voilées comme dans le reste de Java. Elles suivent une variante de la religion musulmane où le voile n’est pas « obligatoire » tout du moins tant qu’elles ne sont pas mariées.

Nous avons également la « chance » de voir le pavillon où se déroule la circoncision de la famille royale. A Yogy, que vous soyez musulman ou pas, tout le monde y passe, c’est une question d’hygiène.

Lors de notre déambulation, nous entendons des sons qui semblent venir de nulle part. En nous approchant du Bangsal Pengrawit (l’espace utilisé pour nominer les ministres) nous comprenons le phénomène : une caisse de résonance à ciel ouvert est construite sur le modèle des églises du Vatican pour que le Sultan puisse être intelligible face à la foule.

Le coq signe de virilité

Nous pouvons aussi observer deux pavillons qui encadrent l’allée principal où sont iconisés deux gardes du corps avec leurs paniers. A l’époque, ils servaient à entreposer les bras et les têtes des voleurs et des criminels qui étaient ensuite apportés au Sultan.

Par la suite, notre guide nous accompagne dans une des rues proches du palais où sont créées les peintures sur toile traditionnelles. Ces œuvres sont effectuées en plusieurs semaines car pour chaque phase, il faut attendre que la peinture sèche avant de poursuivre l’œuvre. C’est un travail minutieux qui est encouragé par le Sultan et paraît-il, il est possible d’étudier la technique gratuitement, cet apprentissage pouvant durer plusieurs mois.

Peintures traditionnelles

Cette heure et demi de visite nous a permis de mieux comprendre la spécificité de la ville, et son brassage de culture. Nous recommandons le Kraton, à condition d’être bien accompagné. Sinon le lieu risque de perdre de son sens.

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