MALAISIE / George Town : marcher manger, marcher manger.

La ville de George Town, connue sous le nom de 乔治市 (en chinois simplifié) ou encore 喬治市 (en chinois traditionnel), ஜோர்ஜ் டவுன் (en tamoul), Tanjung Penaga (en malais), ou plus rarement George Town, est unique au monde. Elle est le produit de 500 ans de contacts commerciaux et culturels entre l’Orient et l’Occident dans le détroit de Malacca. Ce passé riche de langues, d’échanges maritimes et donc de diversité culturelle est ancré dans ses murs faisant de cette petite cité une halte si appréciée des visiteurs.

Vaisselle de rue

George Town est également connue pour être un petit paradis culinaire. Mais ne vous inquiétez pas, nous allons vous raconter tout ça !

Le soir de notre arrivée, notre hôte nous indique plusieurs lieux où nous pouvons nous restaurer. Little India, le quartier Italien, le quartier Chinois, et le Red Garden. Après avoir tournicoté dans les rues à la recherche de la perle rare, nous finissons par nous arrêter dans un restaurant indien assez populaire. Avec nos yeux encore bridés par les normes sanitaires européennes, nous trouvons que les gamelles débordantes de curry sont un peu limites mais nous gardons le silence. Par contre le gérant tente clairement de nous plumer en nous annonçant 13 RM pour deux micros crevettes en sauce. Nous tournons les talons. C’est alors que nous entendons de drôles de chants. Nous débarquons sans même nous en rendre compte dans le Red Garden.

George town ville d’arts

L’endroit est étonnant : de nombreux petits stands de bouffe encadrent une grande place jalonnée de tables et de chaises face à une scène libre où les groupes amateurs se succèdent. Nous mangeons une délicieuse assiette de nouilles face à plusieurs shows. L’ambiance générale est complètement excentrique. De jeunes et belles femmes se déhanchent au micro en chinois ou en japonais et les touristes les récompensent de quelques ringgits lorsqu’ils apprécient la prestation. Toutes les 5 minutes des serveuses nous proposent de la bière. Ici le touriste est roi ce qui laisse une impression bien étrange dans un pays principalement musulman.

Mosquée

Le lendemain, nous commençons une chasse aux street art. Les politiques publiques ont eu l’idée futée d’inviter des grapheurs à s’emparer des façades. Cela tombe bien, George Town est particulièrement agréable à pied : ses maisons, un mélange d’architecture coloniale et asiatique sont classées à l’Unesco. Avec des petites œuvres à découvrir au coin des murs, le charme opère. Nous avons particulièrement aimé les création d’Ernest Zacharevic, un artiste lituanien qui mêle avec finesse ses illustrations et le décors naturel dans lesquelles elles sont inscrites.

En Malaisie la chaleur est écrasante et nous commençons à ressembler à deux espèces en voie de disparition luttant sous le zénith. Nous allons donc nous abriter à l’ombre de notre Home Stay. Martin qui a repéré plein de stands de bouffe ressort vaillamment nous acheter des beignets aux contenus non identifiés. Même après dégustation. Ils n’en demeurent pas moins délicieux.

Nous ressortons à la nuit tombée pour manger (encore). Un petit restaurant japonais « Snow story » retient notre attention. Les prix sont corrects et il y a des desserts sur la carte, élément assez rare en Malaisie comme en Indonésie. En entrant nous sommes accueillis tels des enfants bénis. Le chef est parti en France quelques années pour enrichir sa cuisine et toute l’équipe en salle semble adorer notre pays. L’un d’eux nous demande distinctement « A qu’elle heure part le prochain TGV pour Lyon s‘il-vous-plait ? » puis part dans un fou-rire incontrôlable. C’est la seule phrase en Français donc il se souvient, vestige d’une journée galère où il avait raté son train « transisère ». Il se souvenait même de cela. Plus tard, c’est le patron du restaurant qui vient nous chanter les champs Elysées, une tune apparemment très populaire au Japon, enfin à son époque. Nous passons un repas mémorable entre toutes ces histoires et ces attentions. La cuisine « une fusion franco-japonaise » est délicieuse. Seul le dessert traditionnel, une sorte de glace pilée au thé avec deux morceaux blancs gluants et de la confiture d’haricots rouges, nous laisse perplexes. Nos palais ne sont très certainement pas habitués car à côté nos voisins engloutissent la sucrerie.

Le plat
Le dessert

Impossible de savoir quel jour nous sommes mais il est tôt. Nous profitons de ce réveil matinal pour faire un tour au Morning Market. Le lieu des bonnes affaires. C’est ici que les restaurateurs s’approvisionnent en fruits, légumes et viandes. Nous restons admiratifs 5 bonnes minutes devant un étalage immense de poissons, incapables d’en reconnaître le moindre. Certains sont carrément gigantesques. Quelques mètres plus loin, des poulets vivent leurs derniers instants.

Porte typique

Sur le chemin du retour, nous hésitons à visiter une mosquée. Un homme à l’intérieur capte notre embarras et nous invite à entrer. Il nous explique chaque espace du lieu de culte et répond à toutes nos questions avec plaisir. Ainsi, nous apprenons que les hommes et les femmes sont dans des pièces différentes pour pouvoir mieux se consacrer à dieu, ou selon ses propres termes : « imaginez, vous êtes à genoux en train de prier et devant vous Clara Morgane s’agenouille à son tour, vous aurez du mal à vous concentrer sur votre prière non ? ». Nous repartons de cette jolie mosquée avec une tonne de prospectus et l’envie d’en apprendre davantage sur cette religion.

La ville est piétonne.

Bon, ce matin-là nous prenons aussi un excellent petit-déjeuner chinois composé d’une multitude de mignardises et de thé vert mais ne nous étalons pas plus sur la longue liste de nos excès à George Town, car vous l’aurez compris dans cette ville nous avons avant tout mangé et marché.

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