BALI / Bedugul, une étape brumeuse

Nous quittons Ubud pour nous diriger vers Bedugul, une ville perchée en montagne à 1500m d’altitude. Notre chauffeur de taxi n’est pas très bavard, ce qui nous laisse le temps de profiter du paysage pendant les 2h que prennent les 50km de trajet. C’est vraiment magnifique et différent de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Plus nous grimpons, plus la brume et le froid s’intensifient. Nous nous somme habitués au 30°constant et ça nous fait un choc de mettre un sweet et une veste.

Nous voici à peine sur le bas-côté que 15 dames nous accostent avec des paniers de fraises. Nous nous apercevons que la route est bordée de stands de fruits et d’épis de maïs. Le climat doit être très favorable à l’agriculture par-ici.

Nous n’avons pas réservé de logement c’est donc un peu au hasard que nous allons chercher un endroit ou dormir pour la nuit. Par chance (ou pas, comme nous le verrons plus tard) nous trouvons une petite guest house à un prix vraiment raisonnable 100k la nuit pour deux. Nous jetons un œil trop rapide à la chambre avant d’accepter. Elle est plutôt rustique mais à ce prix on ne va pas faire les difficiles. Le propriétaire nous prévient qu’il n’y a pas d’eau chaude dans la salle de bain.. Pour une nuit on peut faire avec ! Nous remplissons les papiers, payons notre chambre et allons nous installer.

Attention, les surprises commencent ! Nous n’avions pas été assez attentif lors de la mini visite et nous nous apercevons qu’il n’y a pas de drap sur le lit, seulement une couverture en laine rouge vieillotte dans laquelle des centaines de personne ont du dormir avant nous. D’ailleurs son allure nous laisse imaginer le pire. La salle de bain est rudimentaire : pas d’eau chaude certes, mais pas plus de douche, pas de chasse d’eau ce qui passe encore car nous sommes équipés d’un système D (il faut utiliser une sorte de casserole posée sur ce qui ressemble à un lavabo avec de l’eau stagnante la remplir et jeter le tout rapidement dans le trou) mais surtout la propreté laisse carrément à désirer et le sol est collant. Quand on branche un appareil électrique à une prise ça fait tout disjoncter et le wi-fi est si lent qu’on abandonne quoi que ce soit. OK ça ira pour une nuit… On en profite pour se féliciter d’avoir piqué le PQ de l’hôtel précédent.

Nous quittons à la hâte notre chez-nous assez peu cosy pour nous promener et manger un morceau. Commence la quête du scooter. Le propriétaire nous vient en aide et appelle un de ses amis qui débarque 30 secondes plus tard. C’est un petit homme d’1m30 avec un scooter qui date de la guerre. Nous lui demandons le prix et il nous annonce 100K soit deux fois plus cher que ce que nous avions jusqu’à présent à Ubud. La négociation commence dardar… Mais rien à faire il ne veut pas baisser suffisamment son prix. Tant pis, nous lui annonçons que nous trouverons un autre moyen, le remercions et partons.

Nous avions vu en arrivant un marché juste au-dessus de l’hôtel. Si vous connaissez Laura, vous connaissez sûrement son amour pour les balades dans les brocantes, marchés, puces… Nous voici donc à faire le tour des petites boutiques. En bons occidentaux, nous nous faisons alpaguer tous les 2 mètres. Et là, notre petit homme qui refait surface ! Il finit par nous louer son scooter à un prix raisonnable. Nous avons donc notre moyen de locomotion, nous voilà en route. Les freins sont bons mais c’est vraiment la seule pièce mécanique qui fonctionne correctement. Le compteur est cassé et bloqué à 44 000 km !

Nous commençons à flâner autour des lacs entourés de montagnes. C’est beau et la brume donne une ambiance mystérieuse au décors. On croise des balinais sur leur 31 qui se rendent à un mariage, des pêcheurs au bord du lac Bratan et un petit restau local avec une belle vue sur la vallée. Nous nous arrêtons pour déjeuner. C’est très bon mais tellement tellement épicé !

On repart à « l’hôtel » pour chercher des couches de vêtements supplémentaires car sur le scooter il fait encore un peu plus frais. Sur le chemin nous découvrons un grand parc botanique qui nous fait bien envie. On prend nos k-ways et la visite commence. C’est un jardin exceptionnel, avec des arbres que nous n’avions jamais vu auparavant, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Nous avons aussi la chance de découvrir dans ce lieu la construction d’un temple hindou. C’est un chantier colossal et nous sommes très surpris de découvrir que de nombreuses femmes participent aux travaux. Elles coulent le béton, portent des pierres énormes. Certaines ne sont pas toutes jeunes. Cette scène nous permet de réaliser que depuis le début de notre voyage nous avons rencontré beaucoup de femmes qui travaillaient dur et dans des domaines qui en France sont plutôt réservés aux hommes.

Le chantier du temple
Women power

Nous marchons pendant plusieurs heures au gré des chemins parsemés de palmiers jusqu’à arriver à de grandes serres de cactus, et là…des Français ! Plein de Français ! Deux mini-bus pour être exacte. C’est un voyage organisé. Et ça crie et ça parle, et ça fait des blagues vaseuses. Nous ne disons plus un mot de peur d’être repérés et essayons de les fuir en continuant notre chemin. Mais rien à faire. Ils sont plus rapide que nous avec leurs minibus. Ils arrivent avant nous au jardin aquatique …

Les français sont les pires, parole de français !

Ils finissent pas nous devancer, ouf nous pouvons reprendre notre visite contemplative solitaire et paisible.

Coin tropical
Jardin aquatique
On a trouvé l’arbre de Totoro

Il commence à ce faire tard, l’air devient plus lourd, ça sent la pluie… Nous rentrons dans notre « magnifique » chambre pour nous reposer et écrire quelques ligne avant d’aller dîner…

Aujourd’hui ça fait 6 ans que nous nous supportons avec Laura (Merci Facebook qui nous a rappelé l’info avec son canva « vous êtes amis avec Martin depuis 6 ans déjà » ahaha sans cela nous serions passés à côté). Nous décidons d’aller manger dans un bon restaurant pour marquer le coup ! Finalement le choix est assez limité, le seul restaurant un peu joli du coin ferme à 20h on se rabat donc sur un autre endroit qui ressemble un peu plus à un fastfood mais peu importe. Laura commande du poisson grillé, avec des légumes, Martin un poulet grillé et du riz. Le poisson est composé de quatre morceaux minuscules qui sont avant tout constitués d’arrêtes avec un peu de JAUNE autour ! Alors qu’il n’est pas sensé être au curry! Et le goût, quel goût, si vous connaissez la sauce NYOKMAN et bien on s’approche un peu de cette odeur fermentée. Les légumes, amalgame marron difficilement identifiable, sont noyés dans une sauce pleine de piment. Le poulet, plutôt caille que poulet au passage, est grillé tel quel, après avoir été écrasé dans un étau semble-t-il. Au niveau du goût vraiment pas fameux… Seul le riz est rassurant. On ne mange rien ou presque et on repart direction la supérette acheter des chips, du chocolat et des bières. On finit notre petite fête dans notre lit miteux avec nos achats de roublards. Laura est à la limite de la déprime.

En repensant à cette soirée ultra-pourrie on rit aux larmes mais sur le coup quelle galère. Ce qui est sur c’est qu’on se souviendra de cet anniversaire.

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