BALI / Ubud, la ville aux deux visages

Ubud à flanc de nature

Il est temps de quitter notre jolie villa pour partir à la découverte d’une nouvelle ville : Ubud.

Le chauffeur de taxi qui nous accompagne est très bavard ce qui nous permet d’en apprendre davantage sur le mode de vie indonésien. Il nous transmet entre-autre choses que :

  •  l’indonésie est une démocratie mais aussi la plus grosse archipelle du monde alors pour régir tout ce petit monde éclaté, des gouverneurs sont désignés par le président (the big boss of indonesia) afin de décentraliser le pouvoir et avoir une politique de proximité.
  • Pour obtenir de bons postes (par exemple policier), il faut parvenir à soudoyer quelqu’un d’influent avec un joli billet.
  • Selon lui le président actuel de l’indonésie Joko Widodo (ex-gouverneur de Jakarta) tente justement d’anéantir la corruption, ce qui lui attire de nombreux ennuis avec ses adversaires en politique.
  • Les indonésiens conduisent de manière non-conventionnelle car ils achètent leurs permis à la police.
  • Les jeunes de moins de 16 ans n’ont pas le droit de conduire de scooter sauf s’ils se rendent à l’école. Ils sont facilement reconnaissables car ils portent l’uniforme.
  • 90% des habitants de l’Indonésie sont musulmans mais à Bali 80% des gens sont hindous. Ce qui explique que l’île est si particulière de part ses temples, rituels…
  • Et aussi des anecdotes qui relèvent plus de son opinion personnelle en politique et que nous ne partagerons pas ici car nous ne sommes pas experts en politique indonésienne.

Autant dire que le trajet passe à toute allure.

Une fois arrivés à Ubud, nous n’avons pas beaucoup de peine à trouver un logement bon marché : trois tentatives qui nous font passer de 500k à 200k petit déjeuner compris pour une chambre avec wifi, ménage et de l’eau chaude (bien qu’aléatoire).
Nous voilà installés. Nous commençons la visite d’Ubud avec une halte dans un petit restaurant/librairie (cf photo). On mange très bien devant une vue magnifique.

Little talk

Notre seconde impression d’Ubud est un peu moins agréable : on se sent complètement noyé dans la vague de touristes et dans les pots d’échappements. En plus le centre ville fait très européen, on croise du Ralph Lauren, Louis Vuitton… Notre chauffeur nous avait d’ailleurs expliqué à ce sujet que les contre-façons sont légales et que les indonésiens sont très habiles pour les concevoir. Comme nous en avions fait l’expérience la veille, on se dépêche de trouver un scooter pour pouvoir s’échapper de cette ville shopping.

Nous découvrons un petit marché (qui il faut bien l’avouer, fait un peu ghetto) et les alentours. L’orage approche ce qui compromet nos plans d’excursions plus loin dans les terres. C’est pas grave on se venge sur la cuisine indonésienne et on se dit qu’on profitera plus des paysages le lendemain.

Lever de soleil

Martin à fait nuit blanche ou presque. Il nous a mijoté tout un programme pour la journée et cela tombe bien parce qu’à 8h30 nous sommes sur le pont, petit dej’ dans le ventre et prêts à partir à l’assaut de Pura Tirta Empul. La route est à nous de bon matin et c’est hyper agréable de profiter des vues magnifiques sans être les deux mains sur le frein. Nous découvrons des terrasses de riz, des rivières, des cascades, des petites villes. Mais le meilleur demeure notre arrivée à Pura Tirta Empul. Pour entrer dans ce temple de la purification, nous revêtons les tissus traditionnels (sarungs), nous nous attachons les cheveux, enlevons les chaussures et découvrons le premier bassin. Ici les balinais viennent à minima une fois par an pour prier et se purifier dans les 13 fontaines d’eau sacrée (merci Martin qui s’est bien renseigné pendant sa longue nuit d’insomnie). Le lieu qui date du 10ème siècle dégage une atmosphère spirituelle qui intime le respect. La raison se trouve-t-elle dans la beauté des statues, des bassins, les prières ou les offrandes des locaux ? Impossible de savoir pourquoi mais dans un lieu pareil on sent immédiatement une bonne énergie. Et puis nous avons de la chance car nous ne rencontrons presque pas de touristes en cette heure matinale. Nous avons appris de nos erreurs. A vrai dire, ils débarquent tous quand nous quittons les lieux sur les coups de 10h.

Fontaine sacrée
Statue traditionnelle

Sur le parking un balinais nous alpague pour nous demander la suite de notre programme. Par « pure coïncidence », il se trouve que c’est un rabatteur et un guide pour Satria : une plantation de café que nous avions prévu de visiter. Sur sa proposition, on suit les yeux fermés le scooter de ce monsieur qui propose de nous guider. Il faut avouer qu’on continue de pas mal se perdre quand on veut se rendre quelque part, c’est donc bien pratique d’être accompagné d’un local. A la fois on se demande si on va se faire escroquer au bout du chemin. Mais non ! Le gentil balinais nous amène en un rien de temps jusqu’au lieu dit et nous fait une visite géniale où on rigole pas mal sur la fabrication du Luwak coffee : le café le plus cher au monde ! En effet, les graines de ce luxueux breuvage sont digérées par les « balicats », des sortes de loires du coin. Une torréfaction naturelle qui passe donc par les excréments des animaux. Cette pause culturelle s’achève par la dégustation d’une dizaine de thés, cafés, chocolats locaux et le fameux must-have du café !

Séance dégustation

On est vraiment heureux de ce moment de partage et du bon feeling avec notre guide donc c’est de bon cœur qu’on lui propose un pourboire à la fin mais celui-ci refuse malgré notre insistance. Par contre on repart avec son Facebook et le plaisir d’avoir fait une belle rencontre. Ce n’est pas la première fois que quelqu’un refuse un de nos pourboires alors que d’autres se jettent dessus. On sent vraiment qu’à Bali, les gens sont plus ou moins dans le besoin ou refusent cette relation à l’argent systématique. Nous ne savons pas encore très bien les raisons de ces différences de positions. Peut-être la religion.

Rizières

Bon après avoir bu tous ces cafés nous sommes super motivés pour continuer la journée, nous décidons donc de manger un bout et de retrouver les jolies rizières que nous avions vu sur le chemin du temple. Sauf que……. nous nous perdons……. encore ! Pour notre excuse nous n’avons pas le wifi, pas de géolocalisation et nous remarquons que les balinais ont une assez mauvaise appréciation des distances. Souvent un 200 km à gauche correspond à un 200 m à gauche et inversement. Par ailleurs, il existe très peu d’indications géographiques sur les routes. Heureusement, nous nous perdons dans d’autres rizières magnifiques et des petits villages adorables comme nous n’en avions encore jamais vu jusqu’à présent ! Nous croisons même une procession religieuse (cf vidéo). Nous entrons dans un temple ou les femmes préparent les offrandes pour une fête prochaine. Enfin, autant de jolis moments qui restent longtemps dans les esprits et qui marquent un voyage.

De retour à Ubud, nous avons encore envie de nous balader. Nous nous faufilons donc dans une petite ruelle entre deux magasins et là : quelle n’est pas notre surprise de nous retrouver au beau milieu des rizières silencieuses alors même que nous sommes à 2min des rues bondées et tonitruantes. Nous profitons ainsi du coucher de soleil sur les jeunes pousses de riz et revenons sur notre première impression. Ubud à deux visages, attention de ne pas juger cette ville trop hâtivement ;). 

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